L’histoire d’Arras et ses lieux remarquables :

L’histoire d’Arras et ses lieux remarquables :

Les fondements de la ville d’Arras :

Arras (des noms Atrecht en néerlandais ainsi que Nemetacum Atrebatum en latin) est la capitale du département du Pas-de-Calais et le centre historique de l’Artois. La ville a été construite au point de rencontre de deux rivières : la Scarpe et le Crinchon. Elle est réputée pour sa place baroque, mais pas seulement. De nombreux endroits ont participé à rendre Arras incontournable. Ceux-ci émanent directement de l’histoire formidable donc Arras a été l’objet. D’abord colonisée par la tribu celtique des Atrebates (qui inspire directement le nom du festival annuel « Atrebatia »), elle est devenue plus tard une ville de garnison romaine connue sous le nom d’Atrebatum. La région de l’Artois a ensuite été colonisée par les Francs saliens, vers le 5e siècle.

Arrivée de Saint-Vaast et fondement de l’Abbaye en son nom

Saint Vedast (également appelé Saint Vaast et c’est là le nom que l’on retrouve le plus, vers 453-540), qui a enseigné le catholicisme à Clovis Ier (466-511), a été nommé premier évêque d’Arras en 499, et de Cambrai en 511. Saint Vedast a tenté d’éradiquer le paganisme chez les Francs, y compris leur vénération pour la bière. L’abbaye de Saint-Vaast a été fondée en son honneur par Saint-Aubert en 667. Cette dernière existe toujours et peut être visitée rue Paul Doumer Il a été enterré dans la cathédrale d’Arras. Les reliques de Vedast ont été transférées dans la nouvelle abbaye, qui a été complétée par le successeur d’Auburt et généreusement dotée par le roi Theuderic III, qui y a ensuite été enterré avec son épouse.

Industrie textile et siège du comté d’Artois

Au moment de la division de l’empire de Charlemagne par le traité de Verdun en 843, Arras devint le siège du comté d’Artois : un état vassal du royaume de France. En 932, le comté passe aux comtes de Flandre. En 1180, Isabelle de Flandre épouse Philippe II de France, et l’Artois fait partie du domaine royal en 1191. À partir du XIIe siècle, Arras développe une industrie de la tapisserie réputée, connue en Italie sous le nom d’arrazi et en Angleterre simplement sous le nom d' »Arras ». Gengis Khan lui-même possédait des tapisseries d’Arras. La prospérité apportée par l’industrie textile a permis la reconstruction de la cathédrale en 1167. Cette renommée d’Arras en tapisseries est toujours valable et se retrouve dans de nombreux endroits de la ville et à l’occasion de multiples évènements.

Le titre de comte d’Artois est ensuite attribué au deuxième fils de Louis VIII de France, Robert (1216-1250). Sa petite-fille Mahaut d’Artois (personnage incontournable du secteur dont on retrouve des passages historiques dans tout l’Artois) épousa Othon IV, comte de Bourgogne, puis passa de nouveau à la Maison de Flandre, et revint finalement à la Maison de Bourgogne, jusqu’à ce que celle-ci soit absorbée par la famille des Habsbourg en 1477, en tant que partie des Pays-Bas méridionaux. Tumultueuse cette histoire.

Annexion définitive à la France en 1659

En 1435, la Paix d’Arras met fin à la guerre de 100 ans entre les Rois de France et les Ducs de Bourgogne. En 1526, François Ier de France prisonnier des Habsbourg, renonce à ses droits sur les comtés d’Artois et de Flandre en signant le traité de Madrid. Louis XIII reconquiert Arras en 1640. Cela ne durera qu’un temps : elle sera ensuite assiégée et prise par les Espagnols en 1653, à peine 13 ans plus tard, puis reprise par le maréchal Turenne. Arras est définitivement annexée à la France en 1659 par le traité des Pyrénées. Il lui a fallu tout cela pour enfin trouver la pérennité.

Robespierre et Vidocq : deux personnages illustres à Arras

L’un des fils les plus célèbres d’Arras est Maximilien de Robespierre (1758-1794). Élu membre de l’Académie d’Arras en 1783, puis député représentant le Tiers État de l’Artois en 1789, Robespierre est devenu l’une des principales voix de la Révolution française, défendant le suffrage universel et l’égalité des droits pour tous. Il fut l’un des rédacteurs de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ainsi que de la première Constitution de la France. Il a conçu le Culte de l’Être Suprême, qu’il entendait faire devenir la religion d’État à la place du christianisme. Durant cette période, de nombreux édifices religieux ont été démolis ou endommagés dans toute la France, y compris dans sa ville natale d’Arras. La maison de Maximilien de Robespierre existe toujours ! Vous pourrez la visiter au 2 Rue de la Douizieme, à quelques pas de l’incontournable et commerçante Rue Saint Aubert et de la place du théatre dans le quartier des Arts.

Un autre Arrageois célèbre est Eugène-François Vidocq (1775-1857), un criminel qui devint plus tard le premier directeur de la Sûreté nationale et l’un des premiers détectives privés modernes. Il a été l’inspiration de Victor Hugo pour les deux personnages principaux de son roman Les Misérables. À la fin du XIXe siècle, Arras devient une ville culturelle. Ironiquement, c’est à cette époque que le maire Émile Legrelle fait démanteler les murs de la ville.

Arras durant les deux guerres :

Arras a beaucoup souffert de la Première Guerre mondiale, n’étant qu’à 10 km du front. Tous les bâtiments détruits ont été reconstruits tels qu’ils étaient avant la guerre. Cela parmi lesquels :

L’Hôtel de ville
La Place des Héros
La Grand Place
L’Hôtel de Guînes

L’histoire d’Arras durant les deux guerres mondiales étant aussi tumultueuse que passionnante, nous prévoyons un article dédié à ces évènements. En l’attente de sa publication, nous sommes à votre écoute si vous disposez d’archives photographiques ou écrites concernant la ville d’Arras durant la guerre et les évènements qui s’y sont déroulés. Lorsque l’on parle d’histoire, rien n’est anodin. Tout élément en votre possession pourra être pris en compte pour la publication de l’article et vous serez, cela va de soi, crédité à l’article.

Architecture et lieux remarquables à Arras :

Arras est réputée pour ses places publiques. Comme dans la plupart des anciens Pays-Bas méridionaux, la principale place de la ville est appelée la Grand Place. Elle a été construite dans un style flamand parfaitement homogène, et est l’une des plus grandes places de France (sinon la plus grande). Fait inhabituel, l’hôtel de ville et le beffroi ne se trouvent pas sur la Grand Place, mais sur la Place des Héros, une place plus grande qu’une place de marché typique, et conçue dans le même style flamand. La construction du beffroi original, dans un style gothique flamboyant, a commencé en 1463, et a été rapidement suivie par la construction de l’hôtel de ville adjacent (en 1502). Le beffroi n’a été achevé qu’en 1551, et atteint 75 m de hauteur. Les deux bâtiments ont été détruits pendant la première guerre mondiale, et reconstruits à l’identique par la suite.

Parmi les autres places remarquables, on peut citer la place de l’Ancien Rivage avec ses maisons traditionnelles du XVIIIe siècle, la place de la Préfecture et son église classique au milieu, la place du Pont de la Cité avec l’incontournable fontaine baroque, la place du Wetz d’Amain, la place du Théâtre et la place circulaire Victor Hugo avec un obélisque au centre, malheureusement trop peu mise en valeur dans cet immense patrimoine local.

Entre autres, Arras possède quelques très beaux édifices classiques et des maisons de maître. Les deux plus impressionnants sont l’Hôtel de Guînes au 2, rue des Jongleurs, l’Hôtel Dubois de Fosseux au 14, rue du Marché-au-Filé. A noter également le théâtre naturellement situé place du Théâtre, ainsi que l’Hôtel de la Verdure, l’Hôtel de la Basecque, l’Hôtel du Marquis de Saluces tous rue des Portes-Cochères, l’Hôtel de Beauffort rue Victor Hugo, et l’Hôtel Deusy rue Saint-Aubert. La citadelle de Vauban, située au sud-ouest du centre historique, a été construite entre 1667 et 1672 et n’a jamais servi à défendre la ville, aucun siège n’ayant eu lieu après son achèvement. En son cœur, siège aujourd’hui le célèbre festival du Main Square dans des conditions qui font parfois débat.

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